Tiémoko Meyliet Koné : « Nos économies n’ont pas les moyens de fabriquer leur monnaie sur place parce que ce ne serait pas rentable »

255
tiemoko-meyliet-kone-nos-economies-n-ont-pas-les-moyens-de-fabriquer-leur-monnaie-sur-place-parce-que-ce-ne-serait-pas-rentable_M
Tiémoko Meyliet Koné

(Agence Ecofin) – Invité du journaliste Alain Foka sur le plateau de l’émission « Media d’Afrique », le Gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), Tiémoko Meyliet Koné a tenté de donner la réplique aux critiques toujours plus nombreuses sur la question du Franc CFA.

Expliquant le bien-fondé actuel de cette monnaie pour le niveau des économies des pays l’utilisant, Tiémoko Meyliet Koné s’est appesanti sur le grief formulé par les pourfendeurs du FCFA en ce qui concerne le fait qu’il soit fabriqué à Chamalières, dans une imprimerie de la Banque de France. Une situation qui, selon eux, serait un témoignage de plus du caractère colonial de cette monnaie.

Pour le gouverneur de la BCEAO, les pays utilisant le FCFA ne sont pas encore à mesure d’imprimer eux-mêmes leur monnaie car un tel cas de figure serait onéreux et pas rentable, vu la taille de ces économies. « Nos économies aujourd’hui, et cela est valable pour beaucoup de pays africains, n’ont pas les moyens de fabriquer leur monnaie sur place parce que ce ne serait pas rentable » a-t-il déclaré.

Poursuivant sur ce sujet, Tiémoko Meyliet Koné a révélé qu’il n’y a « que 8 ou 9 pays sur les 52 pays africains qui fabriquent leur monnaie. (…) Et c’est peut-être que tout simplement, soit la taille de leurs économies ou leurs besoins ne peuvent pas justifier l’implantation d’une fabrique de monnaie. Parce que d’abord, c’est une technologie qui est très chère et qui évolue très vite. Et puis, c’est une technologie qui est concurrencée par les faussaires. Car autant vous avancez, les faussaires aussi avancent ».