Attijariwafa publie le premier référentiel privé de rendements moyens annuels attendus sur les marchés financiers de la CEMAC

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Ainsi la rentabilité brute annuelle attendue des produits financiers de la sous-région, va pour les investisseurs locaux, de 7,6% (dette privée côtée) à 9,21% (placement en bourse). Pour les étrangers, les attentes sont respectivement de 8,36% et 13,7%. Par ailleurs on a noté que pour la dette non cotée en bourse, les attentes de rendement sur la période de référence sont de 9,5% pour les locaux et 15,58% pour les étrangers.

Dans ces conditions, la prime de risque exigée (ou encore instrument de couverture de défaillance) est présentée comme étant plus forte au Cameroun qu’au Gabon, les deux principaux émetteurs de la sous-région.

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Selon Yves Ntchoumou, analyste financier chez ASCA, ce paramètre ne fait pas forcément du Gabon un meilleur endroit de placement financier que le Cameroun. « En réalité, ce qu’on a constaté sur la courbe des taux de rendement des deux pays à la fin du mois de juillet 2018, c’est que le Cameroun a des meilleurs taux d’intérêt servis par les investisseurs que le Gabon. Mais dans la mesure où le calcul de la prime des risques se fait sur la base d’un rendement global attendu, la prime de risque est plus importante pour le Cameroun » a-t-il expliqué à l’Agence Ecofin.

En effet sur la base de la courbe de rendement des titres publics publiée à la fin juillet 2018, il ressort que le rendement attendu le plus élevé des investisseurs locaux pour le Cameroun est de 8,9%, tandis qu’il était de 9,21% pour le Gabon. Ces différentes informations sur les attentes des investisseurs, sont rendues publiques, alors que les autorités de la sous-région, sous l’égide de la Banque Centrale, sont en train de travailler à la fusion des deux places financières de Douala et de Libreville.

ASCA s’est engagé à produire ce type d’information de manière plus fréquente. Elle pourrait toutefois se réajuster bientôt, car une autorité de la BEAC a confié à l’Agence Ecofin, qu’une discussion était en cours, pour revoir la manière dont est calculée la courbe des taux dans sa salle de marché. Une dynamique qui pourrait impliquer des évolutions dans la perception des investisseurs.

Aujourd’hui en effet, il y a une plus grande prise en compte du volume des arriérés dans les comptes publics, pour déterminer les courbes actuelles des taux. Un mode qui est en effet défavorable au Gabon, dont la dette due au secteur privé est importante relativement à son produit intérieur brut. L’idée en cours serait de prendre davantage en compte les attentes du marché dans l’élaboration des futures courbes de taux.

Idriss Linge